Ramasser et préparer les châtaignes : notre récolte en forêt

Ramasser et préparer les châtaignes : notre récolte en forêt

Fin septembre, la douceur de la météo nous a donné envie de ressortir les vélos. Direction la forêt, où j’avais repéré il y a quelque temps un petit coin à champignons… ou plutôt à châtaignes ! Ce n'est pas notre première sortie châtaignes, mais c'est la première que je prends le temps de raconter.

🌰La récolte : une belle année à châtaignes

Premier arrêt en lisière de forêt. Les bogues fraîchement tombées tapissent le bord du chemin, et on slalome avec les vélos pour ne pas rouler dessus. Les châtaigniers les plus accessibles ont visiblement déjà eu de la visite, alors on s'enfonce un peu plus loin, vers des arbres moins fréquentés.

Là, le constat est sans appel : c'est une très bonne année. Le sol est couvert de bogues, certaines déjà entrouvertes, d'autres encore bien fermées.

On ramasse d'abord à la main et après quelques piqûres, certains préfèrent utiliser deux bâtons. Les bogues fraîches, encore bien vertes, ont des piquants redoutables qui traversent la peau sans peine, attention aussi aux semelles fines de ceux qui sont restés en claquettes...

💡 L'astuce de Low

Pour ouvrir une bogue sur place sans se piquer, on la bloque sous la chaussure et on l'écarte avec un bâton. Les châtaignes sortent toutes seules, sans toucher aux piquants.

Retour de récolte de châtaignes

🧤Retour à la maison : on ouvre les bogues

Une partie de la récolte est rentrée encore dans ses bogues. Cette fois, j'ai retenu la leçon des sorties précédentes : je sors les gants et un couteau à huîtres pour les éventrer. La lame courte et solide se glisse facilement dans la fente de la bogue, et il suffit de faire levier pour l'ouvrir.

Enfant ouvrant une bogue de châtaigne avec des gants

Ouverture d'une bogue de châtaigne au couteau à huîtres

3châtaignes par bogue, dont souvent une trop petite pour valoir l'épluchage

Chaque bogue contient trois châtaignes. Quand la bogue est petite, les fruits sont minuscules et on les écarte directement. Et même dans les belles bogues, une châtaigne sur trois est souvent trop maigre pour qu'on prenne la peine de l'éplucher.

Les bogues vides partent au compost. Ça fait du volume, elles sont dures et mettent du temps à se décomposer, alors on les mélange avec ce qui est déjà présent dans le composteur. Les vers de terre finiront bien par réussir à les décomposer. J'en ai aussi positionné quelques-unes au pied des plantations : leurs piquants découragent les limaces.

💧Le test de la bassine : tout le monde à l'eau

Pour repérer les châtaignes véreuses ou vides, rien de plus simple : on les plonge toutes dans une bassine d'eau. Celles qui flottent sont abîmées, on les retire. Celles qui coulent sont bonnes à garder.

Test de flottaison des châtaignes dans une bassine d'eau

Et là, mauvaise surprise : une petite moitié de la récolte remonte à la surface. En les regardant de plus près, on comprend vite. Ce sont surtout les châtaignes ramassées en lisière qui sont touchées. En forêt, on avait davantage de choix, et on avait gardé les plus fraîches et les plus grosses. Le résultat est nettement meilleur.

Près de 1 sur 2châtaignes écartées au test de la bassine

Châtaigne véreuse

✅ À retenir

Mieux vaut ramasser moins, mais trier dès la cueillette : des châtaignes bien brillantes, lourdes et tombées récemment. Celles qui traînent depuis des jours en bord de chemin sont souvent déjà occupées.

🔥La cuisson : une entaille en croix et 20 minutes à l'eau

Avant la cuisson, chaque châtaigne reçoit une entaille en croix sur le dessus. C'est indispensable : sans elle, la vapeur s'accumule sous l'écorce et la châtaigne peut éclater.

Châtaignes triées avant cuisson

Entaille en croix sur une châtaigne avant cuisson

Je les plonge ensuite 20 minutes dans l'eau bouillante. La cuisson à l'eau donne une chair tendre et fondante, au goût plus doux que les châtaignes grillées. Le four reste une bonne option pour un goût plus marqué, avec la même entaille.

Châtaignes à la sortie de la cuisson

🔪L'épluchage : l'étape qu'on sous-estime

C'est là que je comprends pourquoi mes parents, qui nous faisaient des châtaignes au feu de cheminée, nous les servaient sans les décortiquer : c'est fastidieux ! Il faut retirer l'écorce, puis la fine peau brune en dessous, qui a tendance à s'accrocher dans les plis de la chair.

💡 L'astuce de Low

Ne lésine pas sur l'entaille. Plus elle est grande, plus l'épluchage est simple, surtout si elle est faite en croix. La châtaigne aura tendance à se casser en deux, mais c'est surtout une question d'esthétique.

Deuxième leçon : éplucher tant que c'est chaud. Sur le moment, je n'avais préparé que ce qu'il fallait pour le repas. J'ai épluché le reste plus tard, une fois les châtaignes complètement refroidies, et c'était encore plus laborieux. La peau recolle à la chair en refroidissant.

⚠️ Attention

À la sortie de l'eau, les châtaignes sont brûlantes. Sors-les quelques-unes à la fois avec une écumoire et laisse le reste dans l'eau chaude pendant que tu épluches.

Châtaignes épluchées

Et voilà, une belle châtaigne dorée prête à être dégustée !

🌳Pourquoi on y retourne chaque automne

Au-delà des châtaignes, c'est la sortie elle-même qui nous plaît. Une balade en forêt avec un objectif concret, ça change tout. Les enfants ne demandent plus combien de temps il reste à marcher : ils cherchent, fouillent, comparent leurs trouvailles.

On quitte les sentiers balisés pour aller voir sous ce châtaignier un peu plus loin, puis sous le suivant. On se perd un peu, on revient sur nos pas, on découvre des coins qu'on n'aurait jamais explorés en se contentant de suivre le chemin.

Et puis il y a cette satisfaction simple de rentrer avec de quoi manger, ramassé par nos propres moyens. Sans passer par le magasin, sans emballage, et sans rien dépenser.

0 €dépensé pour deux repas, et zéro emballage

Reste le plaisir de l'assiette : une chair tendre, légèrement sucrée, qui n'a rien à voir avec celle des châtaignes sous vide. Côté nutrition, la châtaigne est riche en glucides complexes et en fibres, peu grasse, et apporte du potassium, du magnésium et des vitamines du groupe B. Naturellement sans gluten, elle se glisse facilement dans un repas d'automne, en accompagnement comme en plat principal.

📝Le bilan de cette sortie

Au final, nous avons eu de quoi préparer deux repas. Pas de conservation longue cette fois-ci car tout a été mangé dans la foulée.

Ce que je retiens pour la prochaine fois tient en trois points : aller directement en forêt plutôt que de s'arrêter en lisière, faire de grandes entailles en croix, et tout éplucher d'un coup, tant que c'est chaud.

Nous retenterons peut-être une récolte pendant les vacances de la Toussaint, en espérant trouver encore quelques châtaignes en bon état. Si la récolte est assez généreuse, ce sera l'occasion de tester la conservation pour en profiter tout l'hiver.

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